Poppy Day

Un évènement important auquel s'associent les loges

Par Thierry R. BACHMANN

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Au Royaume Uni, de la fin Octobre au 11 Novembre ou du Remembrance Sunday, il est toujours surprenant de voir apparaître des coquelicots partout : dans les Ecoles, les rues, les établissements recevant du public, en boutonnière.


On peut même voir les uns après des autres ou côte à côte, après une procession individuelles ou collectives, venir déposer des couronnes de coquelicots aux monuments aux morts, des délégations :

  • municipales

  • militaires

  • cultuels

  • maçonniques

  • associatifs

Si les loges se réunissent usuellement à cette période, il est assez commun de voir en boutonnière ou sur les colliers maçonniques, ces coquelicots en papier, acheté directement ou indirectement auprès du Royal British Legion groups of charities.

Il s'agit d'un évènement national de grande ampleur avec plus de 40 millions de coquelicots en papier produit, hors production de pin's. Ces derniers étant vendus partout et par diverses associations participantes à cette grande levée de fond de Bienfaisance.

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En Angleterre, ou en Ecosse, le coquelicot ne suit pas le même modèle.

En Angleterre, il est formé :

  • de deux pétales rouges

  • d'une feuille

En Ecosse, il est formé :

  • de 4 pétales rouges

  • sans feuille


Aucune symbolique particulière, il ne sont pas produit au même endroit, donc d'autres choix ont été fait.

Les écossais complèteraient que botaniquement parlant, la feuille est une erreur.

Tout démarre durant la 2nd Bataille d'Ypres (22 Avril au 24 Mai 1915)

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Le lieutenant Alexis Hannum Helmer, 22 ans, sert à la 2nd Batterie de la 1ère Division de l’Artillerie de campagne Canadienne à Saint Julien en Belgique.

Tôt le matin du dimanche 2 mai 1915, accompagné du lieutenant Frédéric Hague, il va vérifier avec le lieutenant accompagné du lieutenant Frédéric Hague une batterie canadienne sur la rive du canal de l'Yser.

Ils n'avaient parcouru que quelques mètres lorsqu'un obus de canon de six pouces à forte charge explosive éclate, tuant sur le coup le lieutenant Alexis Hannum Helmer.

Il est inhumé le lendemain, dans une tombe de fortune marquée d'une simple croix de bois, parmi d’autres dont des coquelicots sauvages fleurissaient à travers les croix de bois.

Un de ses meilleurs ami, le Major John McCrae, médecin au sein de la même division, et poète à ses heures, est frappé par cette scène, et écrit son avant-dernier poème intitulé In Flanders Fields  :

In Flanders Fields (en anglais)

In Flanders fields the poppies blow

Between the crosses, row on row

That mark our place; and in the sky

The larks, still bravely singing, fly

Scarce heard amid the guns below.

We are the dead. Short days ago,

We lived, felt dawn, saw sunset glow,

Loved and were loved and now we lie

In Flanders fields.

Take up our quarrel with the foe:

To you, from failing hands, we throw

The torch; be yours to hold it high.

If ye break faith with us who die

We shall not sleep, though poppies grow

In Flanders fields.

Au champ d'Honneur (en canadien)

Au champ d’honneur, les coquelicots

Sont parsemés de lot en lot

Auprès des croix; et dans l’espace

Les alouettes devenues lasses

Mêlent leurs chants au sifflement

Des obusiers.

Nous sommes morts,

Nous qui songions la veille encor’

À nos parents, à nos amis,

C’est nous qui reposons ici,

Au champ d’honneur.

À vous jeunes désabusés,

À vous de porter l’oriflamme

Et de garder au fond de l’âme

Le goût de vivre en liberté.

Acceptez le défi, sinon

Les coquelicots se faneront

Au champ d’honneur.

Début des Poppy Days

Le 21 Août 1915 à South Shields en Angleterre, la première « Poppy Day » connue est organisée au profit de l'Ingham Infirmary et du Poor Children’s Association locale.

Le Major John McCrae soumet tout d’abord sans succès son poème au plus ancien hebdomadaire du monde, The Spectator ; puis à l’hebdomadaire humoristique et satirique Punch or the London chavirari , qui le publie anonymement le 8 décembre 1915. Le 31 Mars 1916, l’hebdomadaire le Jarrow Express, fondé par Thomas Robinson (réputé franc-maçon) publie le poème.

D’autres « Poppy Days » s’organiseront par la suite en Angleterre : Shipley (West Yorkshire), Sleights (North Yorkshire), Nottingham (East Midlands) ; mais aussi aux États-Unis : Cité de New-York, Lincoln.

Influence de Moina Belle Michael — la Poppy Lady

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Moina Belle Michael est une enseignante et humanitaire à New York.

Le 9 Novembre 1918, elle était de service à la 25ème conférence du Overseas YMCA War Secretaries à l’Université de Colombia, Cité de New York, à sa pause du matin, elle consulte le Ladies Home Journal de Novembre, dont une publicité illustrée d’une Entreprise de fourniture médicale était marquée ; avec le poème du Major John McCrae intitulé cette fois-ci « We shall not sleep ».

Le poème avait déjà été publié dans le même journal le mois précédent, dans un encart de l’article « Good-by : They’re off of France » parlant des camps d’embarquement des volontaires pour la Grande Guerre.

Emue par les 5 derniers vers comprenant le nouveau titre, elle se fit la promesse de GARDER LA FOI et à toujours porter un coquelicot rouge des Flandres illustré dans le journal en signe de souvenir et de symbole.

Elle compose le poème intitulé We Shall Keep the Faith :

We Shall Keep the Faith (en anglais)

Oh! you who sleep in Flanders Fields,

Sleep sweet - to rise anew!

We caught the torch you threw

And holding high, we keep the Faith

With All who died.


We cherish, too, the poppy red

That grows on fields where valor led;

It seems to signal to the skies

That blood of heroes never dies,

But lends a lustre to the red

Of the flower that blooms above the dead

In Flanders Fields.


And now the Torch and Poppy Red

We wear in honor of our dead.

Fear not that ye have died for naught;

We'll teach the lesson that ye wrought

In Flanders Fields.

Nous Devons Conserver la Foi (en français)

Oh ! vous qui dormez au Flanders Fields,

Dormez bien - pour vous lever à nouveau !

Nous avons attrapé la torche que vous avez lancée

Et en la tenant haut, nous gardons la Foi

Avec tous ceux qui sont morts.


Nous chérissons aussi le coquelicot rouge

Cela se développe sur des terrains où la valeur a conduit ;

Elle semble signaler au ciel

Ce sang de héros ne meurt jamais,

Mais donne du lustre au rouge

De la fleur qui s'épanouit au-dessus des morts

Dans les champs de Flandre.


Et maintenant, le Flambeau et le Coquelicot Rouge

Nous les portons en l'honneur de nos morts.

Ne craignez pas que vous soyez morts pour rien ;

Nous enseignerons la leçon que vous avez faite

Dans les champs de Flandre.

Le même jour, le mouvement est lancé.

D’autres, à la vue de ce symbole, souhaitèrent en acquérir auprès d’elle :

- 9 Novembre 1918 : les premiers 25 coquelicots de Flandres étaient distribués

- 4 Décembre 1918 : John G. Jury, Président de la 28ème Conférence du Overseas YMCA Workers lui notifie par courier que le Coquelicot rouge a été adopté comme emblème de leur organisation avec comme référence le 9 Novembre 1918

- 13 Décembre 1918 : Elle signe un contrat avec le publicitaire Lee Keedick et le secrétaire du YMCA. Elle cède et transfère les « droits et intérêts de son poème » aux deux hommes et les engage pour agir en son nom au sujet de son dessin du flambeau de la liberté et du coquelicot des Flandres

- 26 décembre 1918 : Elle demande un brevet accordé le 11 Mars 1919 pour le dessin de son « Emblème de la Victoire — un flambeau et coquelicot combinés comme emblème de la victoire à porter et à afficher sur des bannières, de la papeterie, des cartes, des écussons, etc. comme un mémorial aux morts et un hommage aux vivants qui ont servi la défense de la Liberté du Monde ».

Un siècle plus tard, cette tradition est toujours pleinement suivi

We will remember them —Lest We Forget

Les Autres fleurs de commémoration

Il existe d'autres fleurs de commémoration utilisées pour ce jour du Souvenir.

  • Laurier

  • Bleuet

  • Paquerette

  • Mimosa

  • Myosotis

  • Coquelicot violet

  • Souci safrané

A titre personnel, je le porte en bouquet chaque année, quelques soient mes activités.

Laurier en symbole général

L’utilisation du Laurier traditionnel en symbole du souvenir remonte à l’époque romaine.


La Pâquerette en Belgique

Pendant la Première Guerre mondiale, certains des soldats belges derrière la ligne de l’Yser envoyaient une pâquerette dans les lettres envoyées à la maison. Après la guerre, la pâquerette est devenue le symbole pour commémorer les combattants et les victimes de la guerre. Cette utilisation a été perdue peu à peu après la Seconde Guerre mondiale.


Le Bleuet en France

Du 6 au 9 septembre 1914, la bataille de la Marne fit rage dans le nord de la France. Par la suite, seuls les bleuets, les marguerites et les coquelicots ont poussé sur le champ de bataille.

Suzanne Lenhardt, infirmière-major de l’hôpital militaire des Invalides, veuve d’un capitaine d’Infanterie coloniale tué en 1915, et Mme Charlotte Malleterre, fille du général Gustave Léon Niox et femme du général Gabriel Malleterre décident d’organiser des ateliers où les blessés de guerre confectionnent des bleuets dont les pétales sont en tissu et les étamines en papier journal.

Ces insignes sont vendus au public à diverses occasions et le produit de ces ventes permet de donner à ces hommes un petit revenu. Elle devient un symbole de la réinsertion par le travail.


Le Mimosa en Australie (Anzac)

Lorsque les soldats partent au front en 1914, ils emportent avec eux des brins de mimosa, en souvenir de leur pays et en guise de porte-bonheur. Pendant le conflit, il est fréquent que les lettres de leurs mères et fiancées soient agrémentées de quelques inflorescences jaune vif, si évocatrices de leur pays d’origine. Des cartons entiers sont même expédiés dans les hôpitaux d’Egypte pour réconforter les soldats de l’ANZAC blessés en Gallipoli — une pratique qui se généralise rapidement en France et en Angleterre. Lorsqu’ils succombent à leurs blessures, on glisse parfois du mimosa dans les tombes des soldats australiens.


Myosotis en Allemagne (Franc-Maçonnerie)

En 1948, le myosotis fut adopté comme emblème maçonnique à la première conférence annuelle de la Grande Loge Unie d'Allemagne, des Maçons anciens francs & acceptés. La fleur, souvent représentée comme pictogramme, rappelle le souvenir de tous ceux qui ont souffert au nom de la Franc-maçonnerie, spécialement durant la période nazie.


Le Coquelicot violet pour les Animaux

En 2006, le Coquelicot violet a été choisi par le Charity Animal Aids au Royaume Uni, et repris par le Murphy’s Army Charity en mémoire des animaux ayant servi en temps de guerre.


Le Souci safrané en Indes

Le Gouvernement indien a décrété en Novembre 2018 que le souci remplace le coquelicot rouge comme fleur de souffrance et du souvenir.

Thierry R. BACHMANN

10/11/2020